Les Lettres Perdues...

06 février 2010

Embarquement Immédiat...

Mesdames, Messieurs... Attention !... Attention !....
Dernier appel avant l'embarquement...
Veuillez vérifier que vous êtes bien munis de votre titre, et confortablement installés...
Nous vous prions d'écouter attentivement les dernières remarques et conseils qui suivent...

Nous ne sommes pas en mesure de vous informer de la durée exacte du voyage, il ne tient qu'à vous de le moduler selon votre désir, votre degré de contentement et l'envie de le savourer...
Nous ne sommes en aucun cas responsables des effets secondaires pouvant être induits par le voyage et les remous des pensées qui s'ensuivront...
Nous déclinons toute responsabilité quant aux perturbations qui peuvent se produire lors de la traversée...
Nous vous demandons, dans tous les cas, de bien vouloir rester assis, même en cas de fort tumulte ou de passages difficiles...

Un bref descriptif vous a été annoncé, nous ne pouvons pas, en l'état actuel des connaissances, vous en dire plus sur la destination finale...
Vous embarquez pour une aventure inédite, dont les péripéties et les rebondissements échappent à notre contrôle d'accès...
S'il vous arrivait de vous perdre, quelques instants ou plus longtemps, veuillez regagner de suite l'endroit le plus proche dont vous vous souvenez...
En cas de fatigue intense qui surviendrait de façon impromptue, laissez-vous fermer les yeux, rêvez un peu si c'est possible, puis remettez-vous en route...

N'oubliez pas que ce voyage est le vôtre, même s'il est guidé...
Gardez à l'esprit que ce voyage est unique, même si vous le refaites un jour, il n'aura pas la même saveur...
Ce voyage est ouvert à tous de manière équitable, il n'y a aucune condition préalable requise ni aucune aptitude particulière à posséder pour l'entreprendre...
Ce voyage peut changer votre vie, ou tout au moins lui apporter une autre ouverture d'esprit...

Pendant le voyage, nous vous remercions de bien vouloir éteindre vos téléphones...
Si vous le souhaitez, des rafraîchissements et un service de restauration peuvent être mis à votre disposition...
Assurez-vous que les lumières fonctionnent correctement pour le cas où le voyage durerait plus longtemps que prévu...
Enfin, veuillez vous souvenir que les toilettes sont au bout du couloir...

Nous pilotons pour vous l'ensemble du trajet, ne vous souciez donc que de votre propre plaisir...
Nous avons pris un soin particulier à aménager des espaces de détente de façon régulière afin de laisser votre esprit se reposer...
Si toutefois vous constatiez le moindre problème et que votre intérêt commence à fléchir, veuillez le signaler par vos critiques au retour...
Dans tous les cas, sachez que nous faisons de notre mieux pour que votre voyage se déroule dans les meilleures conditions...

Nous vous souhaitons donc, tous les auteurs en général, et moi-même en particulier, un agréable voyage...

http://www.smileys-gratuits.com/smiley-quotidien/quotidien-3.gif ... LW ...    


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05 février 2010

Moi aussi, je rêve...

" On aimerait tant avoir une chance de changer des choses qu'on nous impose, afin d'éviter qu'on explose..."
Grégory Lemarchal

Je rêve... oui... les yeux grands ouverts sur aujourd'hui comme sur demain...
Je rêve d'agrandir l'espace pour regarder mon horizon d'encore plus loin...
Je repousse les murs de la raison pour caser toutes mes envies...
Je rêve d'une vie en forfait illimité sans options prédéfinies...

Je rêve... mais ça s'impose, si on veut pas finir la vie morose...
La mort au bout, comme un bourreau, c'est pas une vue bien rose...
Du rose aux joues de ceux qui vivent la vie jusqu'à l'overdose,
Ou du rose aux joues de ceux qui s'effarouchent de ce qu'ils n'osent,
Il faut bien choisir...

Je rêve, pas de la semaine mais, de journées de 35h00...
Un minimum pour avoir le temps de prendre le temps...
Pour vivre des vies comme on en écrit dans les romans,
Tabulations et points de suspension inclus et pagination couleur...
Il faut bien ça pour respirer...

Je rêve, pas de cabines UV mais, de vrai soleil à bronzer...
Sentir ma peau chauffer et mon corps ronronner de plaisir...
Pour transpirer de bien être au bord d'un paradis à éprouver,
Aller au bout de mes envies par la force de mes désirs...
Il faut bien ça pour se sentir vivre...

Je rêve de plages dans mon agenda, non pas de sable, mais de temps...
Libres et ouvertes à tout imprévu et à tous les hasards...
Pour oublier un peu le rythme impossible avec lequel je me bagarre,
Balancer dans l'écume des jours, le chronomètre de la vie pour très longtemps..
Il faut bien ça pour lâcher prise...

Je rêve, non pas d'un monde ailleurs, mais juste de celui-ci en meilleur...
D'un genre humain pas différent, mais juste un peu plus... humain...
Qui arriverait à comprendre enfin...Que notre but comme notre moyen,
Ne tient en rien aux statistiques et à l'économie de marché...
Et pour ça, on a juste... besoin d'aimer...

Je ne veux pas exploser, je veux qu'on arrête de nous imposer
Une vie monochrome aux couleurs de perte d'envies...
Je veux juste que mes rêves déteignent un peu sur la réalité...
Je sais pas bien tout ce qu'il faudrait changer...
Mais peut-être que pour ça, il suffit juste d'oser...

Rêver... oui mais les yeux grands ouverts...

  ... LW ...

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23 novembre 2009

Une lettre d'amour

Ma plume soupire quand c'est à toi que je pense,
Les mots peinent à maitriser leur sens,
Et les murmures de mon cœur disparaissent sous les ratures,
De la pudeur et de la censure, que la décence retient à sa mesure...
C'est entre les lignes que tu pourras trouver,
Ce qu'entre tes mains je n'ai pas peur de donner.
Tu sais bien que dans tes bras,
Il y a tous ces mots que je n'écris pas...

Et si au bout de mes phrases, il y a souvent trois petits points...
Qui restent suspendus à ta faim...
C'est parce qu'ils préfèrent caresser ton imagination,
Plutôt que de se formaliser dans de pâles déclarations,
Qui ne seraient jamais qu'une médiocre copie,
De mes sentiments à mes envies...

Mes doigts qui courent sur le papier,
Ne reconnaissent pas le grain qui m'est familier au toucher,
Et ils s'égarent à l'imaginer, frustrés par la froideur de ce support,
Trop éloigné de la tiédeur de ton corps...
Les mots d'amour ne cherchent pas à rassurer son aimé,
Mais bien à déverser l'émoi qu'on sent en soi se distiller...

Aussi n'attends pas de moi que je te câline
De mes envolées coquines,
Par vélin interposé entre nous,
Même si j'ai le cœur sens dessus dessous... 
La passion amoureuse ne s'embarrasse pas
de ce genre de position,

Pour laisser vaquer en toute liberté la plus grande imagination...

Parfois je tente de semer, à mots couverts quelques "je t'aime",
Que tu as peine à voir, mais qui sont là quand même...
Dans ces mots jetés trop loin de toi
Quand tu n'es pas là tout contre moi.
J'aimerais que mes mots te permettent de t'envoler à la manière d'un tapis magique,
Vers mille et une envies de me donner la réplique,
En des lieux plus concrets que ces versets rhétoriques...

Même de loin je te sens habiter au présent mes pensées...
Même de loin je te conjugue au verbe aimer...

 

... LW ...

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19 novembre 2009

Un petit coup de main ?...

" Mon fils, si tu as besoin d'un coup de main dans la vie, n'oublie pas de regarder au bout de tes bras."
Andrée Maillet

Au bout de mes, bras, moi j'ai trouvé des mains...
Et au bout de mes mains, il y avait une dizaine de doigts...
Ils n'avaient rien de spécial à faire, ils s'ennuyaient et s'éparpillaient...
Parfois chacun dans des directions opposées, ils s'agitaient...
Mais je sentais quand même qu'ils étaient plein d'énergie,
Et que peut-être en les guidant un peu, ils pourraient trouver une harmonie...

D'abord je m'en suis servi comme boulier pour apprendre à compter
Avec eux tous réunis, je pouvais dénombrer à l'infini le monde entier...
Et chacun avait sa place dans des suites chiffrées illimitées...
Mais l'infini mathématique est bien trop grand à explorer,
Rapidement le jeu les a lassé et à nouveau, ils ont recommencé...
Recommencé à s'ennuyer... sans plus aucune activité...

Je me suis aperçu alors, qu'ils pouvaient aussi parler...
Ils pouvaient mimer le monde et narrer mes histoires...
Chacun d'eux avait alors une place et sa propre mémoire,
Et réalisait des figures, des rythmes et des envolées...
J'avais la vie qui dansait au bout de mes doigts...
Mais danser seuls dans le vide, je sentais bien que ça leur plaisait pas...

J'ai compris que mes doigts au bout de mes mains, devaient vivre unis...
Ils avaient besoin de faire ensemble l'expérience de la vie.
Je les ai approché de toutes sortes de matières, ils ont découvert le toucher...
Ils ont aimé devenir sensitifs, sensuels et même sensés...
Ils ont touché, pétri, caressé ; ils ont aimé, souffert et exploré...
Mais ils ont surtout découvert le pouvoir de créer...

Alors je leur ai donné des choses pour les aider, pour les guider...
Une plume, un papier, un clavier, des crayons, des idées...
Timides ou timorés d'abord, ils ont appris le plaisir de l'envolée...
De la contrainte première, ils ont atteint le plaisir de se révéler...
Et parfois je peine à suivre leurs glissages débridées,
Et j'aime ça... sentir leurs envies et leur liberté...

Au bout de mes bras, j'ai trouvé deux mains pleines de doigts
Qui n'avaient aucune existence tant qu'ils ne servaient pas...
Ce dont on a besoin, et qu'on cherche en vain parfois,
On l'sait pas... mais on l'a peut-être déjà en soi...
Beaucoup de ce qui sort de moi passe par eux, et je ne sais pas...
Au final, qui d'eux ou de moi, a donné à l'autre un réel coup de main ?...

... LW ...

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31 octobre 2009

Derrière le masque...

Derrière le masque... Derrière les mots et derrière le sourire,
Qu'y a-t-il à découvrir de tout ce qu'on ne sait pas dire ?...

La pudeur, ou la peur, nous emprisonnent dans leurs mensonges,
Quand elles privent de nos mots, la voix qui voudrait les libérer...
L'omission et les non-dits planent en maitre, à l'ombre de nos vérités,
Pour ne pas risquer de dévoiler les sentiments qui parfois rongent...

Derrière le masque... Derrière les silences et derrière les regards,
N'y a-t-il pas un autre pays qui s'attendrit des magies du hasard ?...

La maitrise de soi et l'indifférence affichée travestissent la réalité,
Quand on pressent les sensations au bord de nous faire chavirer...
Tenir ferme les rênes de la raison pour ne rien risquer à l'abandon
Pour rester bien campé sur le seuil de sa vie et garder sa direction...

Derrière le masque... Derrière l'assurance et le détachement,
Y a-t-il autre chose qu'un réflexe de protection contre ses élans ?...

Sous nos loups de polichinelle, on cache bien plus que nos traits disgracieux...
On y met bien à l'abri toutes nos faiblesses et toutes nos lâchetés
On s'y retranche pour fuir ou éviter, tout ce qui pourrait nous être douloureux...
Et l'on se croit protégés par ces armures de pacotille contre toute adversité.

Derrière le masque... Derrière la confiance et la foi en demain,
On sait pourtant bien qu'on avance toujours en tenant le doute par la main...

On aimerait parfois déposer les armes et jeter loin nos armures,
Pour s'offrir à la vie, et s'offrir à soi-même, une trêve salutaire
Dans ce bal masqué, où l'on se sabote la vie en compliquant la lecture...
On aimerait parfois casser toutes les images et ouvrir les frontières...

Derrière le masque... Il y a toujours une personne qui se cache...
Et qui parfois, voudrait bien faire sauter toutes ces attaches...

 

 

... LW...

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