Ma plume soupire quand c'est à toi que je pense,
Les mots peinent à maitriser leur sens,
Et les murmures de mon cœur disparaissent sous les ratures,
De la pudeur et de la censure, que la décence retient à sa mesure...
C'est entre les lignes que tu pourras trouver,
Ce qu'entre tes mains je n'ai pas peur de donner.
Tu sais bien que dans tes bras,
Il y a tous ces mots que je n'écris pas...

Et si au bout de mes phrases, il y a souvent trois petits points...
Qui restent suspendus à ta faim...
C'est parce qu'ils préfèrent caresser ton imagination,
Plutôt que de se formaliser dans de pâles déclarations,
Qui ne seraient jamais qu'une médiocre copie,
De mes sentiments à mes envies...

Mes doigts qui courent sur le papier,
Ne reconnaissent pas le grain qui m'est familier au toucher,
Et ils s'égarent à l'imaginer, frustrés par la froideur de ce support,
Trop éloigné de la tiédeur de ton corps...
Les mots d'amour ne cherchent pas à rassurer son aimé,
Mais bien à déverser l'émoi qu'on sent en soi se distiller...

Aussi n'attends pas de moi que je te câline
De mes envolées coquines,
Par vélin interposé entre nous,
Même si j'ai le cœur sens dessus dessous... 
La passion amoureuse ne s'embarrasse pas
de ce genre de position,

Pour laisser vaquer en toute liberté la plus grande imagination...

Parfois je tente de semer, à mots couverts quelques "je t'aime",
Que tu as peine à voir, mais qui sont là quand même...
Dans ces mots jetés trop loin de toi
Quand tu n'es pas là tout contre moi.
J'aimerais que mes mots te permettent de t'envoler à la manière d'un tapis magique,
Vers mille et une envies de me donner la réplique,
En des lieux plus concrets que ces versets rhétoriques...

Même de loin je te sens habiter au présent mes pensées...
Même de loin je te conjugue au verbe aimer...

 

... LW ...