L'amour a des contours de géométrie variable
Quand les impondérables du sentiment tournent à l'imprévisible,
Et veillent à arrondir les angles au plus acceptable,
Quand les élans passionnés rendent l'amour illisible...
Les triangulaires du cœur bordent les jours et les nuits,
De tous ceux qui se font prendre au piège du hasard,
Qui unit et désunit sans crier gare,
Des cœurs et des corps qui s'appellent au fond de la nuit...

Je, Tu, Il ... qui passent d'un sommet à l'autre
Comme au jeu des chaises musicales,
Quand la musique du cœur s'interrompt au milieu de la côte,
Et donne à la construction un air un peu bancal...
Où est le "je", le "tu" ou le "il" qui s'installe
Au sommet d'une triangulaire d'incompréhension,
Au centre de laquelle se conjuguent toutes les passions...
Sait-on jamais où la vérité est la plus redoutable ?...

Le "Je" voyage sur les côtés de ses drames,
Le "Tu" qui se tait pour ne pas paraître discordant
Face à l'"Il" de volupté où se prennent tous les élans
Pour atteindre l'île qui trouble l'horizon à portée de rame...
Se faisant challenger obligé d'une figure inconnue,
A construire ou à déconstruire sans théorème à appliquer,
Sans formule magique pour continuer à savoir s'aimer,
Contre vents et tourments, aux quatre vents, brûlants et éperdus...

Qu'il soit isocèle, rectangle ou banalement sans définition,
Le triangle est la forme la plus instable de l'amour,
Et chacun à sa façon tente d'y tracer ses propres contours,
Seul moyen de réconcilier la géométrie du sentiment à l'unisson...
Si tous tentent d'y rester d'abord fidèles à ce qu'ils sont,
Beaucoup s'y perdent beaucoup plus que de raison,
En s'abandonnant sans rien vouloir abandonner,
En croyant pouvoir s'aimer de cette façon en pleine vérité...

L'amour n'a que peu de capacité d'imagination et de fraternité,
Quand il s'agit d'inventer des constructions à partager.
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... LW ...