31 juillet 2004

Le Dernier Concile

On est là comme des imbéciles
Chacun flanqué là, sur son bout de divan
C’est l’heure du dernier concile
C’est l’heure du bilan…
Il n’est pas glorieux cet épilogue
Dont on n’arrive même pas à savoir
Au milieu du brouillard
Si c’est un dialogue… ou bien deux monologues…

Il va falloir être moins égoïstes
Il va falloir enfin penser à soi
Dans ce remue-ménage d’émois
On se rejoint pour une fois sur la même piste
On a tout partager sans jamais s’en mêler
Sans se poser de questions trop difficiles
C’était tellement mieux de ne pas voir le péril
Qui nous guettait, en ne voulant pas s’écouter…

Maintenant qu’il est trop tard
Maintenant qu’on ne peut plus changer de cap
On doit éviter que tout dérape
Et devenir enfin partenaires dans nos déboires
C’est plus facile de se dire que tout est fini
Qu’on n’a plus à se donner la main
Qu’on n’a plus à prévoir ensemble nos lendemains
C’est plus facile d’essayer d’être amis…

Il y a tellement de rancœur
Tellement de détails qui ne sont pas passés
Que la liste ne fait que s’allonger
Quand on prend la peine en plein cœur
Mais le bilan, ce n’est même pas ça,
Le bilan, c’est faire avec tout ça l’avenir
Parce qu’il faut bien continuer à sourire
A vivre et à construire, même sans toi, même sans moi…

Les heures tournent comme des acharnées
Les mots sortent enfin de leur carcan
Ils libèrent tous leurs mauvais sentiments
Et soulagent les rêves et les cœurs brisés
sur mon bout de canapé, je me sens mal
Mais je me sens bien…
Sur ton bout de canapé, tombé de ton piédestal
Tu comprends à quel point je t’en veux…

Seul témoin de nos douleurs, le canapé s’est enfin endormi…
Livrera-t-il tous nos secrets ?
Les gardera-t-il comme de simples portraits
Portraits d’humains déchirés, mal assortis
Qui ont vécu sur lui, leurs derniers moments
Pauvre divan fatigué de ces tumultes de sentiments
Lui aussi a bien mérité l’apaisement
L’apaisement de la rupture qu’on s’avoue enfin vraiment….


... LW...    

 


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16 décembre 2001

Le Fou aux Allumettes


Soudain envahi d’un souffle nouveau, d’un regain impérieux
Comme un réveil à la vie après un long engourdissement,
L’homme hiberné depuis trop de temps, assommé par la vie
Ressent enfin le désir de retrouver son diamant dépéri
Assez de quêtes vaines et de luttes déraisonnées inutiles
Cette fois, il trouvera… il trouvera l’objet de ses désirs malhabiles…

Transi par le froid, les mains recroquevillées
Pour enfin faire jaillir d’entre ses doigts, le feu sacré
Il craque la première allumette…
Mais celle-ci, insensible à ses appels d’entêté
Refuse de s’allumer, refuse de lui donner un peu de sa clarté
Il prend une deuxième allumette…

Chaque poignée de secondes qui précède le frottement
De l’allumette sur la toile rugueuse qui attend,
Est un océan infini, que traversent mille souffles d’espoir
L’instant est grave, l’homme tente sa chance au grattoir…
Combien d’allumettes déjà craquées ?
Combien reste-t-il encore de possibilités ?

Il ne reste plus que quelques allumettes dans la petite boîte jaunie
Il ne reste plus que quelques chances de se voir gagner la partie…
Pourtant on continue tous à craquer nos allumettes
On y croit tous à cette flamme qui nous rallumerait la vie en fête
Soudain, la voilà, brillante, dansante devant ses yeux…
La flamme enfin a embrasé le soufre coloré

Que n’aura-t-il fallu attendre et espérer pour la contempler
Cette flamme qu’on n’osait plus rêver …
Et maintenant ? Que faut-il faire de cette étincelle ?
La garder le plus longtemps possible, et s’en émerveiller
Jusqu’à son sursaut ultime, et avec elle, briller…
La course du feu sera brève, le temps s’accélère…

Bientôt la flamme va disparaître s’il ne fait rien …
Il faut prendre une décision, vitre, très vite, tout de suite
Dans un dernier sursaut d’envie, l’homme souffle sur le feu en fuite
Stoppée nette dans sa course, la flamme s’éteint…
C’était la seule allumette non encore rongée par l’humidité
On ne sait jamais…. Mieux vaut la garder …

 ... LW...        


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08 octobre 2001

Echappées Sauvages...


Comment résister à ces appels du large ?...
Qui nous malmènent, qui nous attirent
Comment faire taire ces relents de désirs
Qui nous encouragent et nous découragent…
S’envoler tout la-haut, prendre les nuages dans ses bras
Et les serrer si fort… à en faire pleuvoir le bonheur
Virevolter dans l’herbe fraîche aux parfums ravageurs
Et sentir dans tout son corps s’évader nos élans d’apparat….

Et puis vivre à l’infini, de ce désir de se sentir exister
De sentir en soi, le sang couler comme un torrent sauvage
Indomptable et indompté, qui nous irrigue comme un doux breuvage
Faisant crier ses passions, et le plaisir fou de s’y consumer.

Pourquoi vouloir lutter contre ces envies sans retenue qui s’élancent ?...
A chercher la sagesse, à se conformer aux images
On se prend pour des enfants sages
Et on vit des onirismes passionnées pour se venger de nos silences
Timide destinée qui se veut fidèle aux miroirs qui nous guident
Mais il faut assumer nos rêves et nos fantasmes délirants
Pour ne pas passer à côté de nos cris de vie d’à présent
Laisser libre cours à nos grandeurs torrides...

Vivre à l’infini, de ce désir de se sentir exister
De sentir en soi le sang couler en un torrent violent
Eclaboussant tout sur son passage, rafraîchissant
Déployant ses perles éclatantes à l’air que l’on se donne à respirer

Réfréner ses échappées sauvages par peur d’un retour de réalité...
Qui nous rejette, naufragés, sur des rivages inconnus
Brisés les grands rêves, détruit le navire et tout perdu
Jetés comme des détritus sur les côtes lointaines du rêve démesuré
Mais rien jamais n’est inutile, si le plaisir éphémère procuré
Nous a fait si bien grandir de l’intérieur, si bien réalisé
Peu importe les conclusions du grand naufrage orchestré
Si le voyage entrepris fut joyeux et coloré…

Vivre à l’infini, de ce désir de se sentir exister
De sentir en soi le sang couler en un torrent furieux
Charriant tous les sentiments dans un courant impétueux
Vivre à l’infini, tous ses jours heureux….


 ... LW...            


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19 septembre 2001

Complainte du Fou de Guerre

A vouloir faire trembler les murailles de tes incompréhensions,
J’ai investi tout mon budget de mots en armes de guerre…
Sorti les grands chars d’assaut, pour faire reculer tes barrières,
Bombardé d’images, jusqu’au dernier de tes bastions
Fort de mes machines à tuer les silences assassins,
Je me suis pris pour un grand général, tactique et fantassin,
J’ai déployé mes forces au dessus de ta petite colonie
J’ai voulu tout dévaster pour y semer d’autres envies…

Incrédule qui pensait que la force pouvait se mesurer,
Par la puissance de combat, par l’expression de la virilité
Pas de guerre déloyale, non, juste des opérations bien rôdées,
Des tactiques qui ont fait leurs preuves, par avance gagnées…
Mais voilà, je n’y avais pas pensé, aveuglé par tout ce fracas,
Terre promise dérobée à ma vue, par mes ruses de combattant,
Je voulais gagner une lutte, comme si il n’y avait que deux camps
J’avais foi en mes armées, devant tes frêles refus de moi…

 ...LW...          


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21 août 2001

Visionnaire

Visionnaire interactif dans un monde qui s’égare...
Prêcheur d’absolu dans un désert d’incroyants
Tu traverses le monde, sans te soucier du hasard
Comme un chemin tracé, qui te mène au gré du vent...

Poète qui se meurt, dans des mots trop étriqués
Tu crois te trouver, mais tu ne fais que t’égarer
Tes instincts te minent, submergé de tes visions impulsives
Qui te prennent et te jettent, dérision trop incisive…

Le cosmos t’emporte, tu ne sais d’où vient ce blizzard
Tu ne sais d’où viennent ces doutes, ces mots, ces non-dits
Qui te ruinent l’inconscient, et te jettent en pâture
A la foule qui gesticule, qui louent ta capture...

Mais les murs de ta prison, tu les recouvres d’espace
Et dans ta cage humaine, tu sens naître l’infini…
Infini de toi, infini de l’âme, qui transcende tous les bruits
Qui te rend plus fort que Goliath, dans tes espoirs…

Simple mortel qui supplie, qui clame l’amour
Qui se meurt de lui, dans un univers désespérant
Qui laisse de plus en plus de place aux handicapés du vivant
Trop ancrés dans leur mort de l’être, brisés pour toujours…

Tu cries tes passions, pas tes convictions
Tu clames la clémence pour tes accès de démence
Mais les lignes sont coupées dans ce monde d’ignorance
La vérité sonne aux abonnés absents, personne n’y répond…

Et le temps te ride, tes lueurs se fanent, au soir de la vie
Comme une défaite devant l’incompréhensible
Devant tes bourreaux, maîtres de toi, et loin de ta Bible
Tu te sens fatigué, et tu tombes à genoux, meurtri…

Tu voulais partager ces richesses qu’on t’avait transmises
Tu dois les oublier, et rentrer dans ton linceul
Comme un costume de scène, pour regagner ta mise
Quelle drôle de parure que cet habit de deuil….

Et puis, voilà, tu cesses le combat, rien ne sert de lutter
Ton réveil va sonner, cette alarme que tu croyais débranchée
Tu rejoins le monde, le monde des éteints, le monde de l’humanité
Inutile et incertain, tu rentres dans le moule, désintégré…

Mais du fond de ton lit, tu rejoins tes croyances et tes extra visions
Tu peux faire semblant, tu peux donner au moins l’illusion
Pourtant rien n’y fait, dans ton intérieur secret, y a pas de prison
Dans les méandres de tes neurones, tu seras toujours hors tension…

 

... LW...


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16 août 2001

Sitting Bull


Un cheval lancé au galop, dévale les prairies
Le mors lui blesse les dents, asservi, avili
Sa crinière hérissée, comme une machine de guerre
Son corps sculptural aux sabots qui blessent la terre
Esclave vivant d’une cause à laquelle il ne comprend rien
Il n’y a plus d’hommes blancs, il n’y a plus d’indiens
Il y a deux haines qui se font face
Il y a deux guerres qui se menacent
Et là bas, le désert qui s’embrase d’une lutte qui rend fou
D’un combat titanesque aux contours d’avenir flous

Jadis en paix dans un désert de merveilles et de richesses
Soudain voit apparaître de nouveaux desseins
Qui donnent un air de déjà fini à ton destin
Implacable logique du progrès humain qui tue toutes tes sagesses
Les vents tentent dans un dernier murmure
De te souffler les mots qui te renforcent et te rassurent
Mais déjà tu n’entends plus rien, sourds aux appels des éléments
Tu dois lutter avant qu’il ne soit trop tard… maintenant…

Les armes sont inégales aux cerveaux étrangers de l’avidité
Ton corps frémit sous les assauts des feux de la modernité
Au nom de l’or et des diamants, tu courbes l’échine
Impuissant devant ces rafales de mort qui te devinent
Caché dans tes croyances dérisoires face au monde sans pitié
Qui sacrifie l’intégrité au profit du dieu du pouvoir d’acheter
Quelques breloques de pacotilles en échange de ton passé
Quelques morceaux de papier promis pour oublier tes racines sacrées

Et le ciel s’assombrit sous la colère des Dieux de la montagne
La rage au cœur et le désespoir qui sème la gangrène
Parmi les tribus autrefois solidaires dans la hargne
Tu ne reconnais plus rien dans l’horreur de la scène
Tes enfants gisent à terre, tes femmes gémissent et pleurent
Toi, le vaillant chef rempli de la sagesse des anciens
Toi, le courageux guerrier qui sortait les esprits de leur torpeur
Toi … L’homme, sauvage dans cette nature, bien plus qu’humain

Ton regard se tourne maintenant vers les nuages
Plus loin que toutes les montagnes de pierre
Plus haut que tous les soleils du paradis et de l’enfer
Quelques gouttes de sang accrochées à ton plumage
Déchu de tous tes droits dans l’indignité la plus totale
Ils t’ont pris tes terres, ils t’ont pris ton peuple, et t’ont jeté là
Au nom de la conquête, au nom du bien et du mal
Au nom de leur Dieu, au dessus de leurs lois

Forts de leurs savoirs et de leur science inventés pour les servir
D’une puissance jamais égalée, ils ont inventé l’esclavage
Pour se sentir plus libre de se croire les nouveaux sages
Aux confins de l’Occident, dans un monde de désirs
Dans un royaume de toc où ils regardent briller
Des statues d’or sculptées de ton sang,
Des bijoux qui font briller d’un éclat amer leurs enfants
Innocents descendants à qui l’on tait les vérités

Mais la terre se souvient, l’herbe repousse toujours
Les troupeaux se reforment, le passé ressurgit, un jour,
La mort n’est qu’un passage, la mort ne veut rien dire
On peut tuer l’instant présent, mais l’immortalité est bien là...
Et comme l’oiseau de feu, qui renaît soudain, ivre de plaisir
De déployer encore et encore ses ailes d’argent sur tes pas
La mémoire de ton peuple se dresse devant nous,
La cruauté nous poignarde le cœur de mille clous…

Et de tes croyances ancestrales jaillit un arc-en-ciel
Qui nous montre du doigt les vilenies qui nous enracinent
Notre passé qui nous rend enfin humbles et nous minent
De ta vie dénaturée aujourd’hui, de tes instincts sensuels
Qui te faisait communier avec le monde vivant
Parce que ton monde à toi, contrairement au nôtre, était vivant
Parce que les rivières chantaient et les arbres respiraient
Parce que fils du Ciel et de la Terre, tu te sentais exister

Aujourd’hui que reste-t-il de ces guerres infertiles
Qui n’ont engendré que le mal et la haine, blessant à mort
Attisant le culte de l’indifférence et du profit mercantile
Vouant à l’échec toutes les tentatives d’accord
Aujourd’hui il ne reste que le dégoût, et l’impuissance
Pour porter sur nos épaules comme un châtiment divin
Les crimes de supériorité perpétrés dans la violence
Pour se souvenir, qu’il y eut un jour, dans ces plaines, des hommes indiens….


 

... LW...         

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12 août 2001

Notre Père...

 

Notre Père qui êtes aux Cieux…
Par quelle magie, avez- vous réussi à vous installer ici…. Par delà les nuages
Vous dérobant ainsi à nos yeux inquisiteurs et curieux de votre image…
Est-ce pour mieux nous voir, ainsi juché sur votre piédestal cotonneux ?
Est-ce pour mieux nous duper, de vos serments aventureux ?

Qu’elles sont donc longues vos prières mon Dieu !…
Est-ce pour mieux nous maintenir dans la peur de votre divin châtiment ?
Est-ce pour rivaliser d’immensité avec l’univers sur la toile du firmament ?
Par quel égocentrisme sectaire vous donnez-vous ce droit,
De nous croire si petits, si facilement asservis à vos lois ?

Qu’elle est donc lourde cette image de Dieu miséricordieux !
Miséricorde et pitié pour ceux qui ont pêché… avec quelques conditions…
Car votre paradis et son pendant maléfique d’enfer sont vos deux bâtons
Qui servent de carotte pour nous faire avancer, nous les petits pions,
Sur votre échiquier humain infatué de viles passions

Seigneur Dieu Tout Puissant qui croyez tant à notre foi en vous…
Les temps ont changé, descendez un peu près de nous….
Il est loin  le temps de la peur de vos colères offertes à nos pénitences
C’est à la sueur de notre front que nous gagnons notre pitance
Mais ce n’est pas en votre nom que coule cette sueur de labeur !
Elle est sacrifié au Dieu du pouvoir et de l’argent, nouveau mystificateur

Vous avez demandé beaucoup à une humanité qui cherchait une aide éclairée
Vous avez profité de l’ignorance pour vous élever au dessus de nous
Vous avez eu les mots justes pour nous diriger dans la voie qui absout
Nous permettant aussi de pécher dans la limite de vos volontés
Car votre adoration seule était possible dans cette vision d’amour du prochain
Limitée par le cadre strict de vos idéaux de l’humain

Mon Dieu qui êtes peut-être encore aux Cieux…
Nous avons grandi nous aussi, après deux mille ans d’apprentissage
Pardonnez nous notre audace, comme nous vous pardonnons vos mensonges
Et délivrez-vous de cette image d’omniscience qui vous colle au visage
Car l’avenir n’est plus à notre soumission, et notre indépendance vous ronge

Que votre volonté d’effacer de la terre les maux inutiles soit faite,
Par les forces humaines, qui enfin, trouvent le moyen de joindre leurs fois
Leurs fois en l’humanité intérieure qui brille au plus profond de soi
Comme une mélodie du bonheur qui n’a plus besoin de votre entête
Car pauvre Seigneur de Miséricorde, reconnaissez le, vous avez échoué !
Votre terre ne ressemble à rien, et les peuples sont déchirés…


Que votre règne totalitaire s’efface derrière un brassage de croyances
Qui enrichit la communauté toute entière de sagesses diverses véhiculées
Par des hommes de bien, qui longtemps, ont médité la vie pour la cerner
Qui du fond de leurs prières humaines tournées vers votre incohérence
Ont fait jaillir des pensées enfin salvatrices dans la liberté totale de se réaliser,
Soi même, sans référence à d’occultes divinités….

Pardonnez-moi mon Dieu….. de vous parler comme ça…
Mais rendez vous compte… De nos jours, les miracles, c’est terminé !
Vous avez l’air d’un camelot du Moyen-Age qui agite ses grelots désuets
Pour nous vendre encore un peu de vos élixirs miraculeux et ingrats
Vous avez eu votre heure de gloire, vous avez eu votre célébrité
Et longtemps encore dans les grimoires, on en entendra parler

Cependant mon Dieu, deux mille ans de show business c’est déjà bien !
Ne soyez pas comme ces stars ridés, bégayantes, qui n’arrivent pas à nous quitter
Cultivez vos souvenirs dans vos jardins d’Eden, et gardez le meilleur
D’une histoire qui ne fut pas toujours sans reproches d’ailleurs …
Rien ne sert de vouloir accéder à l’immortalité absolue,
Vos brebis ne s’égarent plus, il n’y a plus à les ramener, elles sont … perdues

Soyez donc philosophe mon Dieu, et résignez-vous….
Comme nous mêmes, jadis, nous nous sommes résignés à vivre selon vous…
Mais désormais, chacun sa route, chacun ses idoles, chacun ses prières
Des prières toutes simples, que chacun invente pour servir son idéal personnel
Des prières qui ne sont destinées à personne, égoïstes et intemporelles
Des vœux d’avenir ou de réincarnation, loin de vos chimères….

Que notre destinée devienne jouet de nos décisions et de nos responsabilités
Que nos actes s’inscrivent dans une ligne de conduite qui soit dictée
Par nos sentiments propres et nos capacités à juger de la vérité

Et qu’on oublie enfin que notre récompense doit sans cesse être différée
Dans un monde inventé par vos soins, et dont on ne connaît rien

Nous avons grâce à vous, perdu deux mille ans à espérer le bonheur pour demain
Il faut désormais rattraper tout ce temps perdu…
Il faut désormais que vous n’existiez plus…..
Pas facile je sais, pas facile…..

Ainsi soit-il !…

 

... LW...

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10 août 2001

Darwin...


Quand Christophe Colomb, le grand blond, a découvert l’Amérique,
Tellement colon dans l’âme, il s’est crû arrivé
Là où ses instincts l’avaient mal guidé
L’a confondu l’Inde et le Népal avec la côte Atlantique...
Viva la cerveza ! mais ça rend miraud au gouvernail !
L’aurait pu prendre les bisons pour des vaches sacrées
L’a préféré prendre les sauvages pour des arriérés
Leur a appris la civilisation, en leur ouvrant les entrailles !...

Quand
Newton, c’te pauv’pomme, s’en ai pris une...
L’a tellement déliré, et vu le sol de si près...
Qu’il en a conclu que la gravitation c’était pas du chiquet...
Quand tu vois ta tronche s’écraser comme une prune,
A cause d’une pomme qu’est mal tombée...
Sûr que ça remet en question tout le destin de l’humanité !
Y en a plein d’autres qu’auraient rien dit...
Mais Newton, lui,
il en a fait toute une théorie !
...

L’ami Descartes, il s’en ai bien tiré avec ses fantasmes
L’a bousillé notre vision du monde pour des générations...
C’est pas de sa faute s’il avait des hallucinations,
Voyait des math partout, l’était plein de sarcasmes !
Il a dû en faire des cauchemars de ses équations
De son pragmatisme et de sa vision binaire
Pauvre homme, dire qu’on en a fait une lumière,
Fallait vraiment pas avoir grand chose dans le citron !...

Darwin a sauvé le monde du Dieu Superman.
Avec lui, on est descendus de haut en apprenant nos origines...
C’est pas tous les jours qu’on nous allie pour nouvelles copines
Des guenons poilues qu’on doit appeler Maman !...

Remarque... C’était gonflé, après Descartes qu’était si carré
De prendre ce risque fou de démonter tout ça
Ca faisait du nouveau à penser, pi après tout... Pourquoi pas ?...
Au moins, il nous a débarrassé de la bible et de ses contes de fées !...

Freud enfin... a marqué son époque, enfin, la nôtre d’ailleurs !...
Grâce à lui tout est devenu clair, en libérant notre libido
On est tous des obsédés, n’ayant jamais dépassé le stade préado !
Maintenant on sait que tout est sexuel, c’est notre force et notre moteur
Vive l’anarchie transpersonnelle, c’est 30 sacs la consultation ! ...
Les vertus libératoires de l’analyse passent par le porte-monnaie
Pas de surprise bouleversante à ce niveau... A tous les coups on paie !...
Pour essayer de se sentir moins con !...


Y en a tellement d’autres... On peut pas tous les citer
On peut juste ne pas oublier ceux-là, c’est déjà ça !
Moi j’ai pas inventé de théories, et je ne veux plus vivre comme ça...
Influencée par des supers marteaux, dont les dérives de pensées
Font couler le monde, par petits trous percés dans notre cerveau
Je veux me le gorger toute seule mon ciboulot
Je ne veux plus qu’on me dise quoi penser... ni maintenant, ni après…
Mon Dieu, revenez, et protégez-moi de leurs méfaits !


 ... LW...      


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06 août 2001

Le Fou du Roi


Personnage emblématique d’époques reculées, tu traverses le temps…
De tes pamphlets satyriques, tu défigures à outrance toutes les parures
Pour mieux
faire jaillir l’absurde réalité sous tes caricatures,
Bouffon irraisonné qui démaquille sans pitié les plus grands,
De tes délires sarcastiques sortent les évidences qu’on se cache
Comme des mensonges admis que l’on ne remet plus en doute,
Mais
tu trahis sans vergogne ces manipulations dans tes joutes
Gare à ceux qui croisent ta route et s’en détachent…

Fou du roi, tu laisses loin derrière les allégations de démence qui t’identifient...
Sous tes travers de simple d’esprit, tu te prosternes devant la raison,
Cette raison du plus fort, qui étouffe nos sursauts de rébellion
Par un pouvoir absolu qui nous enferme dans nos incertitudes bannies,
Aveuglés par des flots de parole qui nous envoûtent,
On oublie notre libre arbitre dans des lavages de cerveau
Qui nous empêchent de saisir nettement tous les scénarios
Nos oreilles semblent sourdes, confrontées à ton ironie, qui écoute

Ton rôle de simplet paraît
loin de celui des stars de la grande affiche
Pourtant ton rôle à toi, plus discret, est le plus indispensable
Bouffée d’oxygène quand, tout, autour de nous, rend l’air mal respirable
On pensait que rien, jamais, ne pourrait sortir de ton esprit en friche
Mais les sols les plus fertiles doivent leur rendement au repos de la terre
Tes pensées courent aussi vite que des rayons de lumière
Quand de quelques bon mots savamment orchestrés, enfin tout devient clair
Et que ton jour meurtrit ainsi les hypocrisies de ses aurores guerrières…

Protégé par ton immunité derrière ton loup de pitre attardé
Sous ton bonnet d’âne à clochettes, rugissent des torrents acides,
Qui déshabillent sans répit les machinations sordides des esprits bien lucides,
Qui obscurcissent la face du monde de leurs flagorneries cachées
Tu dévoiles en place publique les répétitions de coulisse
Tu vois le monde à travers un prisme aux facettes qui dépoussièrent
Quand
de tes mots lourds et cruels tu nettoies tous les cimetières
D’un coup d’éponge déconcertant sur des murs que tu détapisses…


Pauvre fou en perdition qu’on montre du doigt pour le blâmer
Tes prédications semées au vent, font changer le cours du temps
Par leur accent de ridicule, qui exécute au pilori les plus bêtement intelligents
Tu le sais bien, au fond de toi, avec ta raison d’aliéné
Que tout se joue dans tes paroles inutiles qu’on juge sans danger

Tu le sais bien qu’il te faut ce regard un peu hagard
Pour qu’on se regarde un peu dans le miroir
Et qu’enfin grâce à tes éclairages clairvoyants, on puisse rire de toutes nos cécités…

http://www.smileys-gratuits.com/smiley-salut/bonjour-11.gif ... LW...    


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05 août 2001

Le Devin


" La chaleur du soleil est pour nous, comme un baume au cœur,
Et pourtant chaque soir il se couche… Inexorablement….
Les étoiles font resplendir la nuit de mille feux et nous emportent, rêveurs
Loin de ce monde… Pourtant l’aube se lève, déjà, tout doucement …..
Quand la passion enflamme ton cœur, tu crois connaître le sens de la vie,
Pourtant la passion ne dure qu’un temps…
"

Ainsi parla le grand devin…
L’avait pas l’air si malin, le grand devin
Pourquoi ce besoin enraciné en nous si profondément
De croire que d’autres peuvent nous donner des réponses ?

Pourquoi cette envie de s’entendre dire anonymement
Des vérités qui ne sont que mensonges ? …

La vérité est en nous, personnelle à chacun
Personne ne peut nous montrer le chemin
Nous sommes tous notre propre devin
Nous n’avons pas besoin des illusions des autres, non, pas besoin…
Les nôtres sont suffisamment nourries de nos fantasmes
Elles nous bercent depuis l’enfance
Nous sortent de l’ombre de la nuit, en souffrance,
Elles nous secouent parfois par la violence de leurs spasmes
Qu’il est doux de se bercer de ces douces chimères
Qu’il est dur le réveil aussi, si amer…….

Le devin peut nous inventer un monde meilleur
Il peut alléger les poids qui soutiennent notre rancœur
Il peut nous faire croire à plein de choses
Que le soleil brillera toujours, que la vie est rose
Cependant il ne peut ignorer que l’essentiel de la vie
N’est pas dans la quête infinie...

Car la quête n’est pas un but en soi...
La quête qui cherche la réponse, la réponse absolue :
Cette quête là ne peut qu’être vouée à l’échec, elle est d’avance perdue
La réponse est en toi, la réponse est en moi, la réponse n’existe pas
Mais le voyage qui guide nos pas sur les sentiers de l’absolu, utopique,
Est le plus merveilleux qui soit…

Dans quelles autres contrées, sous quels tropiques
Trouverait-on cette envie et cette rage de continuer ces pas ….
Ces pas qui poussent l’homme depuis la nuit des temps
A chercher la lumière en regardant vers le Ciel…. trop haut...
A chercher en haut ce qu’il ne voit pas, à portée de ses maux
A chercher si loin l’absolu incertain qui n’existe qu’en dedans...

La vie est belle,
Et l’on ne meurt que pour avoir envie de renaître à nouveau…
La vérité est bien réelle,
Pour celui qui sait qu’il n’ y rien d’autre plus haut…

 ... LW...         


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