18 août 2001

Auguste et Elle...

Hé, l’ami, te souviens-tu de l’histoire d’Auguste et Elle ?
Cette histoire dont on n’a jamais connu la fin
Qu’est-ce que j’aimais à l’écrire ; qu’est-ce que je la trouvais belle…
Perdus dans nos errances, on les a délaissé, on les a laissé loin
Toi qui me disais qu’il ne fallait jamais, non jamais,
Laissé s’éteindre le soleil qui brûle au fond de nous

Qui nous fait resplendir et nous anime, qui nous fait comme on est
Qui nous faisait aimer comme des insensés, comme des fous…

Auguste et Elle, le clown triste à la guitare
Et la Belle aux yeux trop grands qui errait, vagabonde
Une rencontre au hasard…
Que la vie a brisé, inféconde…

Mais toujours je les entends ces trois notes de guitare désespérées
Qui ont fait jaillir l’étincelle sous ce grand chapiteau
Jamais je pourrais oublier ces accords comme un appel de tout en haut
Qui rendait la vie couleur, et tous les rêves à portée…

Malgré ses grandes godasses, Auguste marchait à merveille
Sur la corde raide tendue entre leurs deux soleils
Et malgré son absence et son inconsistance, Elle comprenait
Elle comprenait si bien, ce qu’ils n’atteindraient jamais…

Auguste et Elle, sous le chapiteau de la vie
C’était comme un pied de nez à tous les coups du sort
C’était plus fort que tout, c’était un imprenable château fort
Dans lequel, comme neige au soleil, ils faisaient fondre l’ennui…

Et puis malgré tout, malgré notre désir de les faire vivre
Les seaux d’eau du destin ont eu raison de leur éclat
Doucement le soleil a cessé de les illuminer, pas à pas
Ils n’ont pas su résister au quotidien, impossible de les suivre
Mais en moi, ils continuent, ils sont encore là et je m’en souviens…
Cette histoire inachevée que l’on voulait se dédier
Comme un souvenir tenace, qu’on veut pour toujours garder
Sur une plage ou ailleurs, un souvenir sans fin qui se déteint...

Auguste et Elle, c’est notre vie qu’a pas tenu ses promesses
On n’était pas assez grands pour se sentir éblouir
Elle a quitté son rôle, la belle enchanteresse
Auguste a raccroché sa guitare, et cessé de faire rire…

Dis-moi pourquoi, explique-moi pourquoi, ils n’y sont pas arrivé….
Entends-tu encore ces mots qui les nourrissaient ?
Rappelle-toi comment Auguste et Elle s’aimaient
Dans un jeu d’équilibre instable, mais plein de vérité
La vie emporte dans ses années, des trésors que le temps, impitoyablement
Recouvre de plein de jours, pour assassiner les cœurs d’enfants

Comme si les enfants ne pouvaient qu’applaudir les clowns gesticulant
Et jamais comprendre, qu’à l’intérieur ils sont vivants….

Auguste et Elle, triste fin pour un clown triste
Triste fin pour une ensorceleuse qui ne croyait en rien
Une rencontre unique à la porte des artistes…
Suicidés sans une chance dans un accident de destin

Et puis, on a voulu les oublier, parce qu’ils étaient trop vivants
Ca nous faisait mal aux tripes d’oublier leur présent
Dans un avenir qui se conjuguait loin d’ eux
Ca faisait mal au bide, d’arrêter de les rêver, malicieux..
On se sentait reniés, comme un serment, dans cette histoire de nous
On se rêvait tellement bien dans des mirages tellement doux
Et quand bien même, tous les vents de la Terre auraient soufflé à l’unisson
Ils n’auraient même pas réussi à les décoiffer un peu… Non…

                      Parce qu’Auguste et Elle, c’était bien plus fort
                       Même si Auguste se croyait rongé par des illusions destructrices
                       Et qu’Elle se sentait pousser des ailes factices
                       Pour s’envoler bien plus haut que toutes les morts…

Mais un jour, je te le promets, moi je l’écrirai et je te l’offrirai
Comme un cadeau de vie, jamais je les oublierai, jamais je pourrais

Ce serait oublier que le soleil  ne se couche que sur une face de la Terre
Ce serait oublier qu’il existe aussi des oiseaux de nuit
Qui se servent du jour pour rêver à l’envie……
Ce serait oublier que l’eau qui éteint le soleil, malgré tout, désaltère
Quand la soif de vivre dans le réel se fait si intense
Que plus rien n’a d’importance….

                        Auguste et Elle, c’était pas une triste ritournelle
                        Auguste et Elle, de toutes nos histoires, ce fut la plus belle
                        N’oublie jamais !….
                        N’oublie jamais ...

 

... LW...            


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Les lettres que l'on n'envoie jamais...

Elles commencent par quelques banalités
Des considérations météo, des questions de santé
Il faut bien commencer par quelque chose
Avant de pouvoir dire les choses…

Elles se veulent simples, courtoises et sincères
Elles sont parfois douloureuses, comme un ulcère
Ces lettres que l’on n’envoie jamais….

On passe un temps fou à tourner et retourner les mots
Ou bien on les écrit à l’emporte-pièce pour soulager
L’un une colère sourde, l’autre des sentiments blessés
Peu importe ce qu’on y écrit, après tout de ses maux
Il faut qu’ils sortent de leur silence
Il faut qu’ils dépassent leur ignorance
Dans ces lettres… qu’on n’envoie… jamais…

On s’y fait tout petits, tout simples, tout fragiles,
On y étale nos vrais mensonges ou nos vérités stériles
C’est mieux qu’un bon somnifère pour apaiser l’esprit
C’est mieux que de rester dans un désordre de non dits
Ces conversations imaginaires où l’on est persuadés
Que l’autre ne peut … que nous écouter
Dans ces lettres… que l’on n’envoie jamais…

On imagine l’autre qui nous entend et nous comprend
On se sent enfin quelqu’un sous ces yeux devinés
On apaise notre mal être dans une encre bleutée
Qui raconte toute notre difficulté de se dire plus avant

Il y a dans ce tête à tête un lien presque magique
Il y a dans ces rendez-vous manqués, parfois un acte héroïque
Dans ces lettres… que l’on n’envoie jamais…

Quand un jour par hasard, on les retrouve, même pas cachetées
On les relit avec attention, ou bien on les évite tacitement
Parfois on en a oublié totalement le contenu et le sujet
D’autres fois, on les sent encore bien présentes intérieurement
Elles ont, ou ont eu, leur raison d’être et d’être écrites
Elles laissent une trace qui perdure, et gardent leur mérite
Ces lettres que l’on n’envoie jamais…

J’ai retrouvé, celle que tu as attendu
J’ai pas voulu la relire, j’ai pas voulu savoir
Elle était trop vieille, le papier avait jauni dans son désespoir
Et puis… elle ne m’était pas adressée, j’ai pas voulu…
Violer tes secrets d’antan
où peut-être…
J’avais un rôle à jouer… par cette lettre…
Que je ne t’ai jamais… envoyé…

  ... LW...



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17 août 2001

Esméralda Envoutante...


Je te regarde, te jauge, t’admire et te déguste comme une beauté divine
Tendre complice de mes joies, de mes peines, et de mes moindres aspirations
Une si belle histoire d’amour, qui se joue du regard des passants
Lascive, passive, je me jette à corps perdu dans cet abandon des sens
Et te ressens comme une jouissance bénie que je m’offre à la vie
Que je m’offre égoïstement à tous les jours qui se lèvent sur ma vie…


Que d’instants ensembles, nous avons partagé, main dans la main,
Que de soirées aux rires enivrés nous ont transporté
Fidèle, toujours présente à mes côtés, de si loin…
Que même le souvenir d’une existence sans toi  ne peut pas se rappeler
Tu m’as fait grandir aux yeux ignorants d’une raison d’état
Etat de dépendance que j’ai toujours refusé de regarder en moi


Comment, comment pourrais-je t’en vouloir de ces instants volés
De ces instants qu’on s’approprie pour se forger une identité
De cet enchaînement dont on ne veut pas se douter
De cette condamnation que l’on redoute sans vouloir l’évaluer
Parce qu’on s’y adonne en entier, livrés à ton emprise
Parce que prisonniers volontaires, on dénie ta main mise…


Maintenant je réfléchis à notre histoire d’amour qui s’éternise
Je te sens meurtrière m’asséner des coups de plus en plus rudes à supporter
Je te vois parfois, machiavélique, inventée par les hommes, pour me torturer
Je te sens là, à tous moments, quand sort de moi ta douce brise
Et je me regarde, dans le miroir du temps qui me dévalorise
Par ces signes de toi qui ne trompent pas ma mine grise


Mais que faire, que dire, de ce pacte suicidaire que nous avons conclu
J’étais perdu sans garde fous, prête à toutes les folies
J’étais en quête de reconnaissance, assoiffée de désirs inassouvis
Rencontre de fortune, souvent refusée, et puis un jour, enfin entretenue
De tes premières bouffées, volées au secret du grand air qui te noyait
De nos premières entrevues seules, sans témoins, ou tu m’envolais


Les années ont passé, le temps marque plus facilement de ses tourments
Les corps et les visages défigurés par l’assaut inexorable d’une vie qui avance
Et toutes tes manigances sont autant d’affronts qui les devance
Et je sens, quand je ne veux pas mentir, que tu m’emportes dans tes égarements
Je te sens m’affaiblir, toi que je croyais capable de me porter plus haut
Je te sens me mourir, toi que j’ai vénéré si tôt...

Je ne peux te tenir responsable de mes choix et de mes décisions
Je ne veux pas chercher de faute là où il n’y a que faiblesses
Mais je sais bien que dans mes humeurs de tristesse, tu me blesses
De tes volutes dégingandées, qui s’égarent en futiles poisons
Tu continueras ta route sans moi, sans égard à mes maux qui te lassent
Sans égard pour ma fidélité, et sans état d’âme à mon humble décadence...


On se retrouve là, pour un face à face ultime, et il faudra bien décider
Qui de toi ou de moi devra cette fois s’y trépasser….
Manque de courage pour te quitter, manque d’arme pour te gagner
Pourtant dans ce choix inexorable, une seule aura le droit de rester
Nul ne sait qui des deux devra déserter ses rivages pour changer le paysage
Nul ne sait qui de nous y concèdera l’avantage….

Enfumée jusqu’à la dernière artère de tes poisons qui emprisonnent
Malgré ta mauvaise réputation, je te reste anéantie à tes caprices
Loin des malheureux outrages qu’on porte à ton vice
Je te sais si féroce, je me sens si fragile, si je t’abandonne
Comment balayer ainsi toutes ces pages de ma vie
Comment t’exclure à jamais de notre intimité aguerrie….

Pourtant, ma mignonne, il faudra bien que l’on se pardonne
Cette amitié plus que vingtenaire, qui nous lie sans vergogne
Il faudra bien que je te jette, pour t’écraser une dernière fois
Que tu continues si tu peux, une autre histoire loin de moi
De nous deux, je fus la plus sincère à cet asservissement
De nous deux, je ne serai que la plus grande perdante assurément….

Belle gitane aux déhanchements qui se bercent du vent
Esméralda l’enchanteresse qui fait basculer jusqu’à l’inconscience
Nos corps que l’on ressent indiciblement dans tes griffes, en souffrance
Mais cela ne compte pas, cela ne compte plus, au bout d’un certain temps
Ton charme qui nous enfume l’haleine et nous brouille l’esprit serein
Est un poison si doux à nos incertains lendemains…

 ... LW...          

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16 août 2001

Sitting Bull


Un cheval lancé au galop, dévale les prairies
Le mors lui blesse les dents, asservi, avili
Sa crinière hérissée, comme une machine de guerre
Son corps sculptural aux sabots qui blessent la terre
Esclave vivant d’une cause à laquelle il ne comprend rien
Il n’y a plus d’hommes blancs, il n’y a plus d’indiens
Il y a deux haines qui se font face
Il y a deux guerres qui se menacent
Et là bas, le désert qui s’embrase d’une lutte qui rend fou
D’un combat titanesque aux contours d’avenir flous

Jadis en paix dans un désert de merveilles et de richesses
Soudain voit apparaître de nouveaux desseins
Qui donnent un air de déjà fini à ton destin
Implacable logique du progrès humain qui tue toutes tes sagesses
Les vents tentent dans un dernier murmure
De te souffler les mots qui te renforcent et te rassurent
Mais déjà tu n’entends plus rien, sourds aux appels des éléments
Tu dois lutter avant qu’il ne soit trop tard… maintenant…

Les armes sont inégales aux cerveaux étrangers de l’avidité
Ton corps frémit sous les assauts des feux de la modernité
Au nom de l’or et des diamants, tu courbes l’échine
Impuissant devant ces rafales de mort qui te devinent
Caché dans tes croyances dérisoires face au monde sans pitié
Qui sacrifie l’intégrité au profit du dieu du pouvoir d’acheter
Quelques breloques de pacotilles en échange de ton passé
Quelques morceaux de papier promis pour oublier tes racines sacrées

Et le ciel s’assombrit sous la colère des Dieux de la montagne
La rage au cœur et le désespoir qui sème la gangrène
Parmi les tribus autrefois solidaires dans la hargne
Tu ne reconnais plus rien dans l’horreur de la scène
Tes enfants gisent à terre, tes femmes gémissent et pleurent
Toi, le vaillant chef rempli de la sagesse des anciens
Toi, le courageux guerrier qui sortait les esprits de leur torpeur
Toi … L’homme, sauvage dans cette nature, bien plus qu’humain

Ton regard se tourne maintenant vers les nuages
Plus loin que toutes les montagnes de pierre
Plus haut que tous les soleils du paradis et de l’enfer
Quelques gouttes de sang accrochées à ton plumage
Déchu de tous tes droits dans l’indignité la plus totale
Ils t’ont pris tes terres, ils t’ont pris ton peuple, et t’ont jeté là
Au nom de la conquête, au nom du bien et du mal
Au nom de leur Dieu, au dessus de leurs lois

Forts de leurs savoirs et de leur science inventés pour les servir
D’une puissance jamais égalée, ils ont inventé l’esclavage
Pour se sentir plus libre de se croire les nouveaux sages
Aux confins de l’Occident, dans un monde de désirs
Dans un royaume de toc où ils regardent briller
Des statues d’or sculptées de ton sang,
Des bijoux qui font briller d’un éclat amer leurs enfants
Innocents descendants à qui l’on tait les vérités

Mais la terre se souvient, l’herbe repousse toujours
Les troupeaux se reforment, le passé ressurgit, un jour,
La mort n’est qu’un passage, la mort ne veut rien dire
On peut tuer l’instant présent, mais l’immortalité est bien là...
Et comme l’oiseau de feu, qui renaît soudain, ivre de plaisir
De déployer encore et encore ses ailes d’argent sur tes pas
La mémoire de ton peuple se dresse devant nous,
La cruauté nous poignarde le cœur de mille clous…

Et de tes croyances ancestrales jaillit un arc-en-ciel
Qui nous montre du doigt les vilenies qui nous enracinent
Notre passé qui nous rend enfin humbles et nous minent
De ta vie dénaturée aujourd’hui, de tes instincts sensuels
Qui te faisait communier avec le monde vivant
Parce que ton monde à toi, contrairement au nôtre, était vivant
Parce que les rivières chantaient et les arbres respiraient
Parce que fils du Ciel et de la Terre, tu te sentais exister

Aujourd’hui que reste-t-il de ces guerres infertiles
Qui n’ont engendré que le mal et la haine, blessant à mort
Attisant le culte de l’indifférence et du profit mercantile
Vouant à l’échec toutes les tentatives d’accord
Aujourd’hui il ne reste que le dégoût, et l’impuissance
Pour porter sur nos épaules comme un châtiment divin
Les crimes de supériorité perpétrés dans la violence
Pour se souvenir, qu’il y eut un jour, dans ces plaines, des hommes indiens….


 

... LW...         

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13 août 2001

Le Grenier du Souvenir...


Gravir les marches une à une, pour accéder au grenier du souvenir
Ouvrir la petite trappe étroite qui mène à ce lieu sacré
Où gisent dans des malles et des vieux cartons entassés
Toute la chronologie d’une vie qui reste pourtant en devenir
Les appels insensés de la mémoire s’accrochent à ces poussières
Que l’on marque de nos empreintes en soulevant les couvercles usés
De ce méli-mélo de brocantes d’instants accumulés
Dont on croit, que cet endroit, est devenu la dernière litière...

Les greniers recèlent souvent en leur coffres bien des trésors oubliés
On y retrouve pêle-mêle tant de parcelles d’existence enfouies
On croit découvrir des moments plein de magies
Qu’on pensait avoir su garder, mais qui s’étaient quand même évaporés
L’odeur de vieux papiers jaunis, de tabac froid et de caprices moisis
Que les araignées, de leurs toiles, ont doucement recouvert
Des matériaux jadis robustes, devenant fragile comme le verre
Sous l’assaut du temps, qui a tout englouti…

Un jardin merveilleux d’où la vie s’est transformée au fil des jours
Jusqu’à en oublier que là se trouvent ses racines et ses fondements
Relégués loin par l’humeur assassine du temps
Ou par une volonté farouche d’anéantir un passé qui encore transpire…
S’asseoir dans ce vieux rocking chair fatigué
Et sentir autour de soi, dans sa chair, de nouveau se graver
Nos bourgeons de vie, comme un commencement à l’exister
Comme une re-connaissance de ce que nous avons été

Les odeurs tenaces d’hier et leur poussière collante nous imprègnent
Feuilleter les vieilles bibles qui nous ont guidé et interrogé
Enfiler les vieux costumes pour mesurer nos impressions inchangées
Et passer tout cela, patiemment, finement, au peigne…
Retrouver dans les éclats de joie les rires d’antan et les entendre chanter
Caresser d’un revers de la main les douces mélancolies
Des musiques notées sur des portées, aux notes délavées par l’ennui
Dans des cahiers bien trop petits pour pouvoir jamais les enfermer

Comme le temps a le pouvoir de s’arrêter quand il se perd
Sur les sentiers tortueux de la mémoire, du souvenir et de l’oubli
Ce temps qui file, d’ordinaire, insaisissable, s’arrête un instant, comme infini
Comme si on enclenchait une pause pour rembobiner le film en arrière
Mais l’histoire insensible aux états d’âme du voyeur, se remet en marche
Et chaque fois, immuablement, rejoue les mêmes scénarios
Et chaque fois, quand vient la fin, c’est le même numéro
Les souvenirs retracent toujours la même vie, même si l’on s’en détache…

Mais il est tard… Il faut refermer les valises du temps…
Demain peut-être encore… viendra-t-on s’y revivre un instant
Au grenier du souvenir où s’entasse sans ordre précis
Tout un fatras d’actes et de sentiments qui nous encombrent la vie…

 

... LW...      

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12 août 2001

Notre Père...

 

Notre Père qui êtes aux Cieux…
Par quelle magie, avez- vous réussi à vous installer ici…. Par delà les nuages
Vous dérobant ainsi à nos yeux inquisiteurs et curieux de votre image…
Est-ce pour mieux nous voir, ainsi juché sur votre piédestal cotonneux ?
Est-ce pour mieux nous duper, de vos serments aventureux ?

Qu’elles sont donc longues vos prières mon Dieu !…
Est-ce pour mieux nous maintenir dans la peur de votre divin châtiment ?
Est-ce pour rivaliser d’immensité avec l’univers sur la toile du firmament ?
Par quel égocentrisme sectaire vous donnez-vous ce droit,
De nous croire si petits, si facilement asservis à vos lois ?

Qu’elle est donc lourde cette image de Dieu miséricordieux !
Miséricorde et pitié pour ceux qui ont pêché… avec quelques conditions…
Car votre paradis et son pendant maléfique d’enfer sont vos deux bâtons
Qui servent de carotte pour nous faire avancer, nous les petits pions,
Sur votre échiquier humain infatué de viles passions

Seigneur Dieu Tout Puissant qui croyez tant à notre foi en vous…
Les temps ont changé, descendez un peu près de nous….
Il est loin  le temps de la peur de vos colères offertes à nos pénitences
C’est à la sueur de notre front que nous gagnons notre pitance
Mais ce n’est pas en votre nom que coule cette sueur de labeur !
Elle est sacrifié au Dieu du pouvoir et de l’argent, nouveau mystificateur

Vous avez demandé beaucoup à une humanité qui cherchait une aide éclairée
Vous avez profité de l’ignorance pour vous élever au dessus de nous
Vous avez eu les mots justes pour nous diriger dans la voie qui absout
Nous permettant aussi de pécher dans la limite de vos volontés
Car votre adoration seule était possible dans cette vision d’amour du prochain
Limitée par le cadre strict de vos idéaux de l’humain

Mon Dieu qui êtes peut-être encore aux Cieux…
Nous avons grandi nous aussi, après deux mille ans d’apprentissage
Pardonnez nous notre audace, comme nous vous pardonnons vos mensonges
Et délivrez-vous de cette image d’omniscience qui vous colle au visage
Car l’avenir n’est plus à notre soumission, et notre indépendance vous ronge

Que votre volonté d’effacer de la terre les maux inutiles soit faite,
Par les forces humaines, qui enfin, trouvent le moyen de joindre leurs fois
Leurs fois en l’humanité intérieure qui brille au plus profond de soi
Comme une mélodie du bonheur qui n’a plus besoin de votre entête
Car pauvre Seigneur de Miséricorde, reconnaissez le, vous avez échoué !
Votre terre ne ressemble à rien, et les peuples sont déchirés…


Que votre règne totalitaire s’efface derrière un brassage de croyances
Qui enrichit la communauté toute entière de sagesses diverses véhiculées
Par des hommes de bien, qui longtemps, ont médité la vie pour la cerner
Qui du fond de leurs prières humaines tournées vers votre incohérence
Ont fait jaillir des pensées enfin salvatrices dans la liberté totale de se réaliser,
Soi même, sans référence à d’occultes divinités….

Pardonnez-moi mon Dieu….. de vous parler comme ça…
Mais rendez vous compte… De nos jours, les miracles, c’est terminé !
Vous avez l’air d’un camelot du Moyen-Age qui agite ses grelots désuets
Pour nous vendre encore un peu de vos élixirs miraculeux et ingrats
Vous avez eu votre heure de gloire, vous avez eu votre célébrité
Et longtemps encore dans les grimoires, on en entendra parler

Cependant mon Dieu, deux mille ans de show business c’est déjà bien !
Ne soyez pas comme ces stars ridés, bégayantes, qui n’arrivent pas à nous quitter
Cultivez vos souvenirs dans vos jardins d’Eden, et gardez le meilleur
D’une histoire qui ne fut pas toujours sans reproches d’ailleurs …
Rien ne sert de vouloir accéder à l’immortalité absolue,
Vos brebis ne s’égarent plus, il n’y a plus à les ramener, elles sont … perdues

Soyez donc philosophe mon Dieu, et résignez-vous….
Comme nous mêmes, jadis, nous nous sommes résignés à vivre selon vous…
Mais désormais, chacun sa route, chacun ses idoles, chacun ses prières
Des prières toutes simples, que chacun invente pour servir son idéal personnel
Des prières qui ne sont destinées à personne, égoïstes et intemporelles
Des vœux d’avenir ou de réincarnation, loin de vos chimères….

Que notre destinée devienne jouet de nos décisions et de nos responsabilités
Que nos actes s’inscrivent dans une ligne de conduite qui soit dictée
Par nos sentiments propres et nos capacités à juger de la vérité

Et qu’on oublie enfin que notre récompense doit sans cesse être différée
Dans un monde inventé par vos soins, et dont on ne connaît rien

Nous avons grâce à vous, perdu deux mille ans à espérer le bonheur pour demain
Il faut désormais rattraper tout ce temps perdu…
Il faut désormais que vous n’existiez plus…..
Pas facile je sais, pas facile…..

Ainsi soit-il !…

 

... LW...

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10 août 2001

Darwin...


Quand Christophe Colomb, le grand blond, a découvert l’Amérique,
Tellement colon dans l’âme, il s’est crû arrivé
Là où ses instincts l’avaient mal guidé
L’a confondu l’Inde et le Népal avec la côte Atlantique...
Viva la cerveza ! mais ça rend miraud au gouvernail !
L’aurait pu prendre les bisons pour des vaches sacrées
L’a préféré prendre les sauvages pour des arriérés
Leur a appris la civilisation, en leur ouvrant les entrailles !...

Quand
Newton, c’te pauv’pomme, s’en ai pris une...
L’a tellement déliré, et vu le sol de si près...
Qu’il en a conclu que la gravitation c’était pas du chiquet...
Quand tu vois ta tronche s’écraser comme une prune,
A cause d’une pomme qu’est mal tombée...
Sûr que ça remet en question tout le destin de l’humanité !
Y en a plein d’autres qu’auraient rien dit...
Mais Newton, lui,
il en a fait toute une théorie !
...

L’ami Descartes, il s’en ai bien tiré avec ses fantasmes
L’a bousillé notre vision du monde pour des générations...
C’est pas de sa faute s’il avait des hallucinations,
Voyait des math partout, l’était plein de sarcasmes !
Il a dû en faire des cauchemars de ses équations
De son pragmatisme et de sa vision binaire
Pauvre homme, dire qu’on en a fait une lumière,
Fallait vraiment pas avoir grand chose dans le citron !...

Darwin a sauvé le monde du Dieu Superman.
Avec lui, on est descendus de haut en apprenant nos origines...
C’est pas tous les jours qu’on nous allie pour nouvelles copines
Des guenons poilues qu’on doit appeler Maman !...

Remarque... C’était gonflé, après Descartes qu’était si carré
De prendre ce risque fou de démonter tout ça
Ca faisait du nouveau à penser, pi après tout... Pourquoi pas ?...
Au moins, il nous a débarrassé de la bible et de ses contes de fées !...

Freud enfin... a marqué son époque, enfin, la nôtre d’ailleurs !...
Grâce à lui tout est devenu clair, en libérant notre libido
On est tous des obsédés, n’ayant jamais dépassé le stade préado !
Maintenant on sait que tout est sexuel, c’est notre force et notre moteur
Vive l’anarchie transpersonnelle, c’est 30 sacs la consultation ! ...
Les vertus libératoires de l’analyse passent par le porte-monnaie
Pas de surprise bouleversante à ce niveau... A tous les coups on paie !...
Pour essayer de se sentir moins con !...


Y en a tellement d’autres... On peut pas tous les citer
On peut juste ne pas oublier ceux-là, c’est déjà ça !
Moi j’ai pas inventé de théories, et je ne veux plus vivre comme ça...
Influencée par des supers marteaux, dont les dérives de pensées
Font couler le monde, par petits trous percés dans notre cerveau
Je veux me le gorger toute seule mon ciboulot
Je ne veux plus qu’on me dise quoi penser... ni maintenant, ni après…
Mon Dieu, revenez, et protégez-moi de leurs méfaits !


 ... LW...      


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08 août 2001

Des Mots pour ne rien dire...



Des mots pour ne rien dire…
Oui, juste des mots pour ne rien dire…
Pour être là, tout près, sans rien attendre d’un silence,
Sans rien offrir de plus, qu’une simple présence.
Ces mots de l’ombre qui ravivent l’absence,
Ces mots qui clament l’impuissance…

Ces mots-là sont parfois, les plus importants.
Ces mots-là, c’est souvent ceux que l’on attend…
Les mots qui traduisent par leur non sens,
La complicité souveraine d’une confiance.
Ces mots qui n’ont rien à dire, certes,
Mais qui, sont là, abandonnés à la découverte…

Les mots colère qui constatent leur non-pouvoir,
Les mots sans voix, qui portent en eux l’espoir,
De trouver, enfin, la voie qui atteindra leur auditoire.
Les mots du doute, qui tremblent, qui tremblent d’avoir
Mal compris, qui tremblent d’un sentiment de mal être,
Parce qu’ils n’ont pas su s’estomper, pas su disparaître…

Les mots qui se disent sans raison,
Les mots qui viennent tout seuls, sans façon,
Pour trouver le chemin qui mènerait à l’unisson,
Pour dire dans un dernier souffle, leur abandon.
Ces mots qui ne veulent rien dire,
D’autre, que ce que l’on veut y lire…

Les mots pour ne rien dire ne sont pas anodins,
Ils n’ont pas de but, ils ne jugent rien.
Ils sont là, on les prend, on les fait siens,
Ou on les jette et les oublie, selon chacun…

Mais néanmoins, leur murmure rassure,
Leur essence calme les blessures…

Les mots pour ne rien dire brisent l’incompréhension,
Parce qu’ils se font serviteurs de compassion,
Parce qu’ils se font tout petits mais, qu’ils sont…
Ils sont, tout simplement, et ne voilent pas leur intention.
Dans leur infinité d’interprétations, ils demeurent,
Simples messagers d’un désir d’allumer une lueur…

Les mots pour ne rien dire, on n’en attend rien,
On les déguste juste comme ça, pour se faire du bien...

 ... LW...       


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06 août 2001

Le Fou du Roi


Personnage emblématique d’époques reculées, tu traverses le temps…
De tes pamphlets satyriques, tu défigures à outrance toutes les parures
Pour mieux
faire jaillir l’absurde réalité sous tes caricatures,
Bouffon irraisonné qui démaquille sans pitié les plus grands,
De tes délires sarcastiques sortent les évidences qu’on se cache
Comme des mensonges admis que l’on ne remet plus en doute,
Mais
tu trahis sans vergogne ces manipulations dans tes joutes
Gare à ceux qui croisent ta route et s’en détachent…

Fou du roi, tu laisses loin derrière les allégations de démence qui t’identifient...
Sous tes travers de simple d’esprit, tu te prosternes devant la raison,
Cette raison du plus fort, qui étouffe nos sursauts de rébellion
Par un pouvoir absolu qui nous enferme dans nos incertitudes bannies,
Aveuglés par des flots de parole qui nous envoûtent,
On oublie notre libre arbitre dans des lavages de cerveau
Qui nous empêchent de saisir nettement tous les scénarios
Nos oreilles semblent sourdes, confrontées à ton ironie, qui écoute

Ton rôle de simplet paraît
loin de celui des stars de la grande affiche
Pourtant ton rôle à toi, plus discret, est le plus indispensable
Bouffée d’oxygène quand, tout, autour de nous, rend l’air mal respirable
On pensait que rien, jamais, ne pourrait sortir de ton esprit en friche
Mais les sols les plus fertiles doivent leur rendement au repos de la terre
Tes pensées courent aussi vite que des rayons de lumière
Quand de quelques bon mots savamment orchestrés, enfin tout devient clair
Et que ton jour meurtrit ainsi les hypocrisies de ses aurores guerrières…

Protégé par ton immunité derrière ton loup de pitre attardé
Sous ton bonnet d’âne à clochettes, rugissent des torrents acides,
Qui déshabillent sans répit les machinations sordides des esprits bien lucides,
Qui obscurcissent la face du monde de leurs flagorneries cachées
Tu dévoiles en place publique les répétitions de coulisse
Tu vois le monde à travers un prisme aux facettes qui dépoussièrent
Quand
de tes mots lourds et cruels tu nettoies tous les cimetières
D’un coup d’éponge déconcertant sur des murs que tu détapisses…


Pauvre fou en perdition qu’on montre du doigt pour le blâmer
Tes prédications semées au vent, font changer le cours du temps
Par leur accent de ridicule, qui exécute au pilori les plus bêtement intelligents
Tu le sais bien, au fond de toi, avec ta raison d’aliéné
Que tout se joue dans tes paroles inutiles qu’on juge sans danger

Tu le sais bien qu’il te faut ce regard un peu hagard
Pour qu’on se regarde un peu dans le miroir
Et qu’enfin grâce à tes éclairages clairvoyants, on puisse rire de toutes nos cécités…

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05 août 2001

Le Devin


" La chaleur du soleil est pour nous, comme un baume au cœur,
Et pourtant chaque soir il se couche… Inexorablement….
Les étoiles font resplendir la nuit de mille feux et nous emportent, rêveurs
Loin de ce monde… Pourtant l’aube se lève, déjà, tout doucement …..
Quand la passion enflamme ton cœur, tu crois connaître le sens de la vie,
Pourtant la passion ne dure qu’un temps…
"

Ainsi parla le grand devin…
L’avait pas l’air si malin, le grand devin
Pourquoi ce besoin enraciné en nous si profondément
De croire que d’autres peuvent nous donner des réponses ?

Pourquoi cette envie de s’entendre dire anonymement
Des vérités qui ne sont que mensonges ? …

La vérité est en nous, personnelle à chacun
Personne ne peut nous montrer le chemin
Nous sommes tous notre propre devin
Nous n’avons pas besoin des illusions des autres, non, pas besoin…
Les nôtres sont suffisamment nourries de nos fantasmes
Elles nous bercent depuis l’enfance
Nous sortent de l’ombre de la nuit, en souffrance,
Elles nous secouent parfois par la violence de leurs spasmes
Qu’il est doux de se bercer de ces douces chimères
Qu’il est dur le réveil aussi, si amer…….

Le devin peut nous inventer un monde meilleur
Il peut alléger les poids qui soutiennent notre rancœur
Il peut nous faire croire à plein de choses
Que le soleil brillera toujours, que la vie est rose
Cependant il ne peut ignorer que l’essentiel de la vie
N’est pas dans la quête infinie...

Car la quête n’est pas un but en soi...
La quête qui cherche la réponse, la réponse absolue :
Cette quête là ne peut qu’être vouée à l’échec, elle est d’avance perdue
La réponse est en toi, la réponse est en moi, la réponse n’existe pas
Mais le voyage qui guide nos pas sur les sentiers de l’absolu, utopique,
Est le plus merveilleux qui soit…

Dans quelles autres contrées, sous quels tropiques
Trouverait-on cette envie et cette rage de continuer ces pas ….
Ces pas qui poussent l’homme depuis la nuit des temps
A chercher la lumière en regardant vers le Ciel…. trop haut...
A chercher en haut ce qu’il ne voit pas, à portée de ses maux
A chercher si loin l’absolu incertain qui n’existe qu’en dedans...

La vie est belle,
Et l’on ne meurt que pour avoir envie de renaître à nouveau…
La vérité est bien réelle,
Pour celui qui sait qu’il n’ y rien d’autre plus haut…

 ... LW...         


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