07 mars 2008

Le Gilet Noir...

Aujourd'hui je me suis acheté un gilet noir...
Un gilet noir, comme des millions de gilets noirs,
Bien sûr, maintenant il es trop tard...
Mais j'aurai quand même bien.. voulu savoir...
Combien de gilets noirs, on peut s'acheter dans une vie ?...


Faut dire que le gilet noir...
Ca s'met avec tout, ça se fond dans n'importe quelle tenue,
C'est passe-partout, aps d e faute de goût
Un gilet noir, tout noir, tout simple et sans frou-frou
Un gilet noir qui amincit même les plus charnues...
Combien de gilets noirs peut-on côtoyer dans une vie ?...


Faut avouer que c'est difficile de s'en passer
D'un gilet noir dans la pend'rie, en cas d'urgence ou d'nécessité,
Ou les cas de force majeure, vraiment désespérés,
On sait qu'on peut compter sur sa discrétion appréciée
Un gilet noir quand c'est foutu... ben ça nous manque...
Combien de gilets noirs peut-on user dans une vie ?..


Un gilet noir, ça a le goût du secret...
Ca en raconte un peu sans en dire trop...
Ca parle de nous... en plus discret,
Ca protège ce que l'on est, comme un costume de Zorro
Un gilet noir... un peu... comme une armure...
Combien de gilets noirs peut-on porter dans une vie ?...

... LW ...    


Posté par laurencewitko à 10:49 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


08 avril 2004

La Verveine

J’étais là devant ma verveine
Bien allumée, avec mes copines d’antan
On se racontait notre bon vieux temps
On rigolait, on se sentait bien, y avait pas de gêne
On était bien tranquilles dans ce café désert
au coin d’un bout du monde perdu
Et puis tout d’un coup, on s’est tues…
Quand t’as surgi de derrière la verrière…

Mon Dieu, que le temps a passé
Que les aiguilles ont tourné vite
Les mois, les années en fuite
Qui soudain, bousculent nos vérités
T’as posé ton casque, là-bas, dans la vitrine
Je voulais disparaître, devenir une souris
Me dire que peut-être j’avais vieilli
Sûre que je ne faisais pas la maligne…

Les chances que l’on s’évite étaient bien minces
Hasard des circonstances, hasard des rencontres fortuites
Quand t’as répondu à son invite
J’avais le sourire qui grince
J’aurais voulu t’en dire tellement
Mais les mots ne venaient pas
J’aurais voulu te dire tout et n’importe quoi
Au moins quelque chose d’un peu intelligent…

J’ai sorti deux ou trois idioties, c’est tout moi
Et puis ensuite le silence a repris
J’ai piqué le nez dans ma verveine bouillie
Je t’espionnais comme si je ne te regardais pas
Je te trouvais beau comme jamais
Je me trouvais nulle comme toujours
A trop avoir besoin d’amour
On n’ose pas s’exposer comme on est…

J’ai regretté d’avoir commandé une infusion
J’aurais voulu m’enfuir tellement loin
J’aurais pu te demander des trucs tout plein
Comment t’allais, ce que tu faisais, trop de questions…
A mille à l’heure dans ma tête, tout tournait
Pourtant je n’ai rien laissé voir de ce qui se passait
Je me suis contenté de faire… comme si de rien n’était
J’étais si mal si tu savais…

Quand enfin, on s’est levées pour partir
Je cherchais un truc à te dire
Je voulais que tu saches, je voulais te revoir
Je savais que j’avais pas assuré… pas d’espoirs…
Je t’ai dit « A dans dix ans ! »
Et je suis sortie de cet endroit
C’était franchement n’importe quoi, c’était tout moi !…
Et je m’en veux maintenant…

... LW...   


Posté par laurencewitko à 10:17 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

16 décembre 2001

Matin d'hiver...


Se réveiller plein de fatigue et de sommeil
S ‘accrochant à nos derniers cauchemars de merveilles
Qui rendent la nuit douce à l’absurde trépidant
Comme un contre-pied à nos quotidiens lancinants
Respirer une dernière fois la tiédeur de l’oreiller
Avant d’entamer vaillamment un nouveau petit exister…

Quelques tartines trempées dans un café tout excité
Qui nous promet de nous gorger d’adrénaline méritée
Pour affronter sans sourciller les petits tracas doux amers
Qui abreuvent les chameaux de l’heure dernière
Ne pas oublier le dentifrice qui rafraîchit l’haleine du temps
Et fait tout briller, beaucoup plus blanc que blanc…


Jeté par dessus l’épaule, comme un bouclier qui défend,
On s’emmitoufle dans des étoles de détachement,
Le vent qui souffle en bourrasque ne nous atteindra pas
Pas avant se d’être réfugiés aux abribus du pourquoi pas
Ainsi rassérénés par des vitres transparentes qui nous isolent
De la soudaine réalité des choses… qui s’affole…

Monter dans ces wagons bondés, plein de gens emmitouflés,
Bien planqués sous leurs couches protectrices
Qui cachent pourtant mal, leur incompréhension et leurs cicatrices
Mais qui restent là, sur un petit déjeuner mal digéré
Tout frais pimpants sur leurs strapontins recroquevillés
Comme de courageux petits soldats, qui regardent le temps passer…

 

... LW...

Posté par laurencewitko à 11:39 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

10 octobre 2001

Enfance...

Parfum de légèreté qui se dégage, dans un petit paradis imaginaire
Peuplé d’ours en peluches et de rêves tellement grands...
Tellement grands qu’on s’y perd plus loin que tous les océans
Sans sortir de son lit, on fait le tour de la Terre….
Pour découvrir les secrets de l’univers Les secrets de vie
Qui aident à grandir, qui aident à sortir du cocon
Cocon d’amour tissé comme une forteresse de déraison
Dont on aimerait parfois s’enfuir par le grand pont-levis….

C’est pas pour déplaire qu’on voudrait défier les interdits
C’est même pas pour embêter, qu’on se réfugie en rêveries
Y a des jours tellement longs à l’ennui parfois
Y a des jours tellement beaux aussi …

Magie des petits riens qui donnent toutes les couleurs du jour
Réminiscences inconnues qui se découvrent plus tard
Quand noyés dans tout le reste, les souvenirs épars
Font regretter amèrement les ruines de nos anciens carrefours
L’odeur des crêpes et des malabars, le parfum du vent
Combattant infatigable de nos luttes chevaleresques
Ces guerres rageuses contre les moulins pittoresques
Auxquelles on croyait fort, si fort en dedans…

Enchevêtré entre ailleurs et réalité,
La vie prend ses mesures tout doucement

Comme un passage obligé
Qui soulève un à un nos déguisements

Certains réclament, dans le bruit et le fracas,
Qu’on leur accorde cette liberté de s’opposer et de décider

D’autres plus méfiants, ont peur de s’égarer
Et s’accrochent désespérément à leurs rêves d’apparat
Il n’y a pas de choix meilleur ou pire
Il n’y a pas de parcours tracé incontournable
Il n’y a pas deux monde d’enfance semblables
L'important est qu'il en reste des éclats de rire

Eclats de rire semés au temps...
Qui nous entraînent encore parfois...
Ou qui s’égrènent sans voix...
Engloutis par des rivages tangents…

 

... LW...

Posté par laurencewitko à 11:11 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

28 septembre 2001

Mémoire...

 

La mémoire est perfide, elle nous fige dans des images mal taillées
Qui nous renvoient nos mines d’antan sans mise à jour de nos humeurs...
Elle grossit à vue d’années, sans prendre le temps de trier ses acquis,
Elle nous submerge de son trop plein, dans ses chemins elle nous engloutit
Si l’on n’y prend garde, elle nous ferait même oublier l’heure
Qui continue, jour après jour de tourner…

Quelles sont ces plaintes au souvenir, pourquoi ces amertumes ?
La mémoire c’est notre histoire rien qu’à nous, c’est notre identité...
Est-elle un miroir déformant, ou bien n’est-elle que témoin de nos fantasmes
Qu’on assimile à des souvenirs quand la vérité nous dépasse ?
Même quand on veut garder des images qui ne sont qu’inventées
Même quand on n’essaie qu’à contre cœur d’oublier nos mauvaises fortunes ?

Facile d’accuser la mémoire, de se dégager ainsi de nos mensonges,
De se dire que ce sont les circuits biologiques qui ont un problème...
Alors qu’on sait au fond de nous, que nous en sommes les artisans
Facile de n’entretenir que les fleurs souriantes dans nos jardins d’antan
Facile de s’approprier des rêves comme traces de nos emblèmes
Mais la mémoire n’est pas impartiale, elle absorbe tout comme une éponge


On se croit spectateur parfois de films qu’on s’est inventé
On se sent mauvais critique des rôles qu’on a dû un jour … abandonner


 

... LW...


Posté par laurencewitko à 11:28 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

04 septembre 2001

Le Grand Ménage


Il vient toujours un moment, comme une nécessité
De vider les placards, de nettoyer les tiroirs
Comme un besoin de tout aseptiser, tout trier, tout ranger
Comme si ça allait changer la couleur du noir…

Comme un grand vide qui se fait pour remplacer le silence
Mais on peut remplir des poubelles entières
On peut noyer l’amertume en creusant des cimetières
Il restera toujours les cicatrices des blessures d’enfance…

Blessures oubliées qu’on croyait cicatrisées
Mal nettoyées, elles se sont infectées… et elles démangent
Comme si elles demandaient un nouveau passé
Comme des articles mal assortis qu’on échange…

Mais on peut pas refaire les meubles, juste ranger les tiroirs
Quand les terreurs d’antan se font des coups de poing
Quand les spectres d’hier se refont vie dans le soir
On peut pas changer l’histoire, on peut pas aller si loin…

Et puis toujours les mêmes refrains, qui ne comprennent rien
Aux cadences musicales qui projettent l’essentiel ailleurs
Mais où est donc cet ailleurs jamais atteint qui se confond d’erreurs
Sur des mélodies insensibles aux arpèges radieux et sereins…

Le ménage outrancier qui caricature les lendemains souriants
Se fait névrose d’oubli qui se jette à la non mémoire
Se fait bornes d’ennui qui s’abandonnent à un écritoire
Aux mots usés par le désir de se sentir vivant….

Mais expérimenter une respiration qui s’allège
Quand enfin, les interrogations se taisent à l’avenir
Pour pouvoir s’arrêter devant une fleur et enfin la cueillir
Comme un antidote qui exorcise de tous les sortilèges….

Et admirer ce calme et cette sérénité qui surgit finalement
De cette mise à jour riche de ses nouveaux outils de destin
De ce rappel à l’ordre et à la quiétude confiante de demain
Parce que décidément, le futur se joue dans le présent de nos mains…

... LW...          

 

Posté par laurencewitko à 08:41 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

13 août 2001

Le Grenier du Souvenir...


Gravir les marches une à une, pour accéder au grenier du souvenir
Ouvrir la petite trappe étroite qui mène à ce lieu sacré
Où gisent dans des malles et des vieux cartons entassés
Toute la chronologie d’une vie qui reste pourtant en devenir
Les appels insensés de la mémoire s’accrochent à ces poussières
Que l’on marque de nos empreintes en soulevant les couvercles usés
De ce méli-mélo de brocantes d’instants accumulés
Dont on croit, que cet endroit, est devenu la dernière litière...

Les greniers recèlent souvent en leur coffres bien des trésors oubliés
On y retrouve pêle-mêle tant de parcelles d’existence enfouies
On croit découvrir des moments plein de magies
Qu’on pensait avoir su garder, mais qui s’étaient quand même évaporés
L’odeur de vieux papiers jaunis, de tabac froid et de caprices moisis
Que les araignées, de leurs toiles, ont doucement recouvert
Des matériaux jadis robustes, devenant fragile comme le verre
Sous l’assaut du temps, qui a tout englouti…

Un jardin merveilleux d’où la vie s’est transformée au fil des jours
Jusqu’à en oublier que là se trouvent ses racines et ses fondements
Relégués loin par l’humeur assassine du temps
Ou par une volonté farouche d’anéantir un passé qui encore transpire…
S’asseoir dans ce vieux rocking chair fatigué
Et sentir autour de soi, dans sa chair, de nouveau se graver
Nos bourgeons de vie, comme un commencement à l’exister
Comme une re-connaissance de ce que nous avons été

Les odeurs tenaces d’hier et leur poussière collante nous imprègnent
Feuilleter les vieilles bibles qui nous ont guidé et interrogé
Enfiler les vieux costumes pour mesurer nos impressions inchangées
Et passer tout cela, patiemment, finement, au peigne…
Retrouver dans les éclats de joie les rires d’antan et les entendre chanter
Caresser d’un revers de la main les douces mélancolies
Des musiques notées sur des portées, aux notes délavées par l’ennui
Dans des cahiers bien trop petits pour pouvoir jamais les enfermer

Comme le temps a le pouvoir de s’arrêter quand il se perd
Sur les sentiers tortueux de la mémoire, du souvenir et de l’oubli
Ce temps qui file, d’ordinaire, insaisissable, s’arrête un instant, comme infini
Comme si on enclenchait une pause pour rembobiner le film en arrière
Mais l’histoire insensible aux états d’âme du voyeur, se remet en marche
Et chaque fois, immuablement, rejoue les mêmes scénarios
Et chaque fois, quand vient la fin, c’est le même numéro
Les souvenirs retracent toujours la même vie, même si l’on s’en détache…

Mais il est tard… Il faut refermer les valises du temps…
Demain peut-être encore… viendra-t-on s’y revivre un instant
Au grenier du souvenir où s’entasse sans ordre précis
Tout un fatras d’actes et de sentiments qui nous encombrent la vie…

 

... LW...      

Posté par laurencewitko à 07:44 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

05 août 2001

Cheval Fou


J’ai connu autrefois un monde merveilleux…
La nature indomptable, que l’on refusait de dompter
Les nuages enchanteurs, que l’on voyait défiler aux cieux
Et le temps incertain, que l’on acceptait sans maugréer
J’ai connu autrefois un lieu merveilleux
Où l’harmonie régnait dans un désordre orchestré par les Dieux,
Des Dieux de toutes sortes que l’on savait loyaux
Et qui ne nous asservissaient pas d’impossibles idéaux

J’ai connu autrefois un lieu merveilleux…
Les montagnes étaient hautes, si hautes… mais jamais infranchissables
Les rivières charriaient dans leur lit notre réserve d’eau potable
Et soulageaient nos pieds fatigués sur les sentiers rocailleux
Elles étaient parfois profondes ces rivières qui jaillissaient
En torrents sauvages et limpides, dans lesquels on se désaltérait
Elles étaient profondes, si profondes… mais jamais on ne s’y noyait
Elles exprimaient leurs murmures fougueux, à nos oreilles qui les écoutaient

J’ai connu autrefois un lieu merveilleux
Les oiseaux gazouillaient fièrement parmi les feuilles qui bruissaient
Agitées par mille vents célestes qui nous rafraîchissaient
Comme autant de soupirs divins qui nous rendaient heureux
J’ai connu autrefois un lieu merveilleux
Où le soleil réchauffait nos esprits et nos cœurs
Nous rendant le sens de l’immensité de la richesse intérieure
Nous éclairant sur les chemins parfois longs de nos jours heureux

J’ai connu autrefois un monde merveilleux
Qui ne demandait rien, sauf notre respect, pour éviter son courroux,
Qui ne demandait rien, à nous, qui donnions tout
J’ai connu, autrefois… un monde… merveilleux…
Un monde que vous n’avez pas compris…
Un monde à jamais anéanti, détruit…
Insensibles aux cris de douleur qui montaient de votre mère la Terre
Quand, sans regret, elle fut massacrée, toute entière…

          Et nous avec, et nous aussi… et moi aussi…
          Un homme, c’est si petit…

... LW...            


Posté par laurencewitko à 07:07 - - Commentaires [0] - Permalien [#]