23 novembre 2009

Une lettre d'amour

Ma plume soupire quand c'est à toi que je pense,
Les mots peinent à maitriser leur sens,
Et les murmures de mon cœur disparaissent sous les ratures,
De la pudeur et de la censure, que la décence retient à sa mesure...
C'est entre les lignes que tu pourras trouver,
Ce qu'entre tes mains je n'ai pas peur de donner.
Tu sais bien que dans tes bras,
Il y a tous ces mots que je n'écris pas...

Et si au bout de mes phrases, il y a souvent trois petits points...
Qui restent suspendus à ta faim...
C'est parce qu'ils préfèrent caresser ton imagination,
Plutôt que de se formaliser dans de pâles déclarations,
Qui ne seraient jamais qu'une médiocre copie,
De mes sentiments à mes envies...

Mes doigts qui courent sur le papier,
Ne reconnaissent pas le grain qui m'est familier au toucher,
Et ils s'égarent à l'imaginer, frustrés par la froideur de ce support,
Trop éloigné de la tiédeur de ton corps...
Les mots d'amour ne cherchent pas à rassurer son aimé,
Mais bien à déverser l'émoi qu'on sent en soi se distiller...

Aussi n'attends pas de moi que je te câline
De mes envolées coquines,
Par vélin interposé entre nous,
Même si j'ai le cœur sens dessus dessous... 
La passion amoureuse ne s'embarrasse pas
de ce genre de position,

Pour laisser vaquer en toute liberté la plus grande imagination...

Parfois je tente de semer, à mots couverts quelques "je t'aime",
Que tu as peine à voir, mais qui sont là quand même...
Dans ces mots jetés trop loin de toi
Quand tu n'es pas là tout contre moi.
J'aimerais que mes mots te permettent de t'envoler à la manière d'un tapis magique,
Vers mille et une envies de me donner la réplique,
En des lieux plus concrets que ces versets rhétoriques...

Même de loin je te sens habiter au présent mes pensées...
Même de loin je te conjugue au verbe aimer...

 

... LW ...

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19 novembre 2009

Un petit coup de main ?...

" Mon fils, si tu as besoin d'un coup de main dans la vie, n'oublie pas de regarder au bout de tes bras."
Andrée Maillet

Au bout de mes, bras, moi j'ai trouvé des mains...
Et au bout de mes mains, il y avait une dizaine de doigts...
Ils n'avaient rien de spécial à faire, ils s'ennuyaient et s'éparpillaient...
Parfois chacun dans des directions opposées, ils s'agitaient...
Mais je sentais quand même qu'ils étaient plein d'énergie,
Et que peut-être en les guidant un peu, ils pourraient trouver une harmonie...

D'abord je m'en suis servi comme boulier pour apprendre à compter
Avec eux tous réunis, je pouvais dénombrer à l'infini le monde entier...
Et chacun avait sa place dans des suites chiffrées illimitées...
Mais l'infini mathématique est bien trop grand à explorer,
Rapidement le jeu les a lassé et à nouveau, ils ont recommencé...
Recommencé à s'ennuyer... sans plus aucune activité...

Je me suis aperçu alors, qu'ils pouvaient aussi parler...
Ils pouvaient mimer le monde et narrer mes histoires...
Chacun d'eux avait alors une place et sa propre mémoire,
Et réalisait des figures, des rythmes et des envolées...
J'avais la vie qui dansait au bout de mes doigts...
Mais danser seuls dans le vide, je sentais bien que ça leur plaisait pas...

J'ai compris que mes doigts au bout de mes mains, devaient vivre unis...
Ils avaient besoin de faire ensemble l'expérience de la vie.
Je les ai approché de toutes sortes de matières, ils ont découvert le toucher...
Ils ont aimé devenir sensitifs, sensuels et même sensés...
Ils ont touché, pétri, caressé ; ils ont aimé, souffert et exploré...
Mais ils ont surtout découvert le pouvoir de créer...

Alors je leur ai donné des choses pour les aider, pour les guider...
Une plume, un papier, un clavier, des crayons, des idées...
Timides ou timorés d'abord, ils ont appris le plaisir de l'envolée...
De la contrainte première, ils ont atteint le plaisir de se révéler...
Et parfois je peine à suivre leurs glissages débridées,
Et j'aime ça... sentir leurs envies et leur liberté...

Au bout de mes bras, j'ai trouvé deux mains pleines de doigts
Qui n'avaient aucune existence tant qu'ils ne servaient pas...
Ce dont on a besoin, et qu'on cherche en vain parfois,
On l'sait pas... mais on l'a peut-être déjà en soi...
Beaucoup de ce qui sort de moi passe par eux, et je ne sais pas...
Au final, qui d'eux ou de moi, a donné à l'autre un réel coup de main ?...

... LW ...

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