Quand on n’a que les mots, pour tuer le silence,
La parole se fait fausse, impropre à décrire les maux,
Car les mots sont blessants, les mots sont insuffisants,
Les mots ne sont rien, sans la voix qui les porte et les ressens.
Et ils défilent, comme des volutes malhabiles, ces mots…
Peinant à se frayer un chemin dans ce désert d’absence.

Le silence est pesant même quand il est trop vide,
Son absence d’émotions cache pourtant en son sein,
Des sentiments trop lourds, des sentiments en vain
Qu’on voudrait voir disparaître à jamais, trop stupides
Mais les mots sont là, même s’ils ne sortent pas,
Ils sont bien réels, ils sont coincés là

On les sent dans sa tête, on les sent dans tout son être    
Mais comme des prisonniers enfermés dans une prison imaginaire,
Ils ne savent… que se taire.
Ils aimeraient s’enfuir au bout de la nuit et enfin, naître,
Mais les mots du silence ont des remparts d’amertume,
Qui résistent à toutes les brumes…

Ils ont un goût de déjà vu ces mots-là
Ils font mal en-dedans, et s’enchaînent eux-mêmes à leur peur,
Ils font résonner encore et encore, les mêmes douleurs
Quand le silence se fait doux trépas…
Mais le silence ne meurt pas, le silence s’entend

Le silence s’entend fort comme un cri, quand il est si puissant

Le silence n’est pas souffrance qui apparaît, il est d’un autre temps,
Chevalier servant d’un combat terminé depuis bien des vents,
Qui oublie de rendre les armes et continue
Chassant l’aurore qui point, pour faire durer la nuit, si têtue,
La nuit du bout du jour, la nuit qui tue tous les lendemains
Comme si l’histoire ne pouvait jamais, connaître de fin

 ... LW...